Duby - Kigali : voyage d'études du 5 au 14 mars 2026
Ce voyage au Rwanda fut l’occasion pour ces jeunes aux profils divers (certains issus de section internationale, sportifs de haut niveau, micro-lycée ou élèves à besoins particuliers) de découvrir une culture nouvelle quoiqu’ancestrale et de se confronter à une histoire à la fois tragique et emplie d’espoir.
La splendeur d’une végétation luxuriante et la majestuosité d’une faune abondante, l’accueil formidable des familles et l’organisation parfaite de la part des équipes de l’École Francophone Antoine de Saint-Exupéry de Kigali (EFASE), ont permis de transformer ce voyage en une expérience inoubliable pour chacun.
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Une découverte inoubliable et une école de vie : retours des enseignants et lycéens sur un voyage, un appariement et autant de promesses d’avenir
Le voir pour le croire, ils ne s’étaient jamais rencontrés si ce n’est sur « Insta » deux semaines auparavant. Mais, dès l’arrivée à Kigali, à la descente de bus devant l’EFASE, les embrassades et les cris joyeux entre correspondants rwandais et français, donnaient le ton : les milliers de kilomètres de distance étaient réduits à néant.
Je ne m’attendais pas à être autant plongée dans la « culture de la société rwandaise. Cette intégration et la cohésion au sein des familles et des élèves de l’Efase m’a surprise mais beaucoup plu.
Au vu de cette première effusion de joie, il fut évident aux yeux de tous que ce qui était initialement prévu se réaliserait bel et bien. Un appariement en bonne et due forme entre les deux établissements et l’instauration d’un véritable échange franco-rwandais dès l’an prochain.
Car ce voyage n’est qu’une pierre d’un édifice plus global encore : permettre à toutes les générations lycéennes de Duby et de l’EFASE d’appréhender au mieux la question au programme de Terminale sur l’Histoire, la mémoire et la justice des génocides grâce à cet échange et à la constitution d’un centre de ressources (CDIR) dédié à la question. Le voyage d’étude a donc été l’occasion de se rendre dans trois mémoriaux.
Mais aussi de rencontrer des rescapés que les élèves ont pu questionner.
Je n’avais pas forcément d’appréhension particulière avant le voyage. Lorsque vous nous avez prévenu sur la difficulté du voyage, je n’y avais pas forcément cru, mais il fut bouleversant.
Ça a été très dur, peut-être même plus que ce que je pensais mais après coup, avec du recul, ces appréhensions sont nécessaires : on ne peut pas étudier un génocide sans en avoir ; elles sont , d’une certaine manière nécessaires, je dirais.
J’ai surtout vécu [l’expérience], même si j’en ai beaucoup appris avec les interviews qu’on a pu faire et les mémoriaux que l’on a visités. Globalement, c’est un projet que j’ai vécu par nos nombreuses rencontres, toutes les émotions qu’ont suscité les mémoriaux et ce qu’on a pu entendre par des victimes elles-mêmes, notamment l’histoire d’Alphonse et de Solange.
L’intensité des rencontres des victimes et des visites mémorielles, loin de ne susciter qu’une juste émotion a aussi favorisé la compréhension des mécanismes du pire et de la réconciliation. Une véritable leçon rwandaise en somme.
J’ai appris que le pardon n’était pas souvent réel, mais que vivre ensemble était essentiel. J’ai appris que la mémoire n’est pas toujours acquise et qu’il faut la préserver. Mais j’ai surtout appris à ne pas juger, malgré les actes, mais à aider et aimer les personnes, malgré tout.
Au gré des rencontres et des paysages paisiblement traversés, les émotions ne disparaissaient pas mais étaient retraitées, digérées par un esprit qui avait le temps de vagabonder loin des écrans, comme libéré.
Aux pauses, ça racontait la vie en famille, ça questionnait les modes de vie, le niveau de développement, ça s’émerveillait de la gentillesse des gens, ça riait des empilements improbables d’étagères sur un vélo, ça espérait faire un tour de mototaxis.
C’est un projet qui nous a fait grandir, qui a changé notre perception du monde. C’est un voyage très enrichissant qui nous a fait découvrir une nouvelle culture, d’une beauté inestimable.
Et pendant ce temps, s’opérait un changement intérieur, le lointain devenait proche, le regard se décentrait, le futile n’était plus le plaisir, ce voyage se transformait en parcours intérieur.
8 Jours hors du temps mais à temps plein, d’une folle intensité, plus de temps pour atterrir dans nos têtes que pour en revenir… Des yeux aux bord des larmes lors des adieux avec les « corrès » et des embrassades infinies. Et déjà, pour certains, l’envie de revenir.
C’est l’expérience d’une vie. Chaque adolescent intéressé devrait avoir la chance de la vivre. J’en parlerai à mes futurs enfants. Je sais que ce voyage nous marquera à vie.
Le Lycée Duby et l’Efase peuvent s’enorgueillir d’initier ainsi un échange porteur d’espoir, de réconciliation et de paix. Ils peuvent aussi, et ils le sont, être fiers de leurs élèves, si jeunes et déjà si grands. Laissons-leur le mot de la fin.
Mise à jour : avril 2026




